La guerre n'a pas un visage de femme
Les guerres, le théâtre, un terrain de jeu pour les hommes ? Avec La guerre n’a pas un visage de femme, Julie Deliquet pro pose une adaptation bouleversante de l’œuvre de Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature 2015.
Quand les Allemands ont envahi l’Union soviétique en 1941, près d’un million de femmes s’est engagé dans l’armée ou la résistance. Brancardières, pilotes, agentes de renseignement, elles ont exercé tous les métiers mais sont évacuées des discours officiels. En 1975, la journaliste biélorusse a entamé un travail d’enquête auprès de ces anciennes combattantes, qui sera publié sous forme de recueil en 1985. En adaptant La guerre n’a pas un visage de femme en 2025, Julie Deliquet renoue avec une forme de théâtre documentaire.
Dans le livre, les témoignages s’enchaînent, au plateau ils s’entremêlent. Les expériences se croisent : impréparation, silence, violence… Qu’est-ce qu’être une femme en temps de guerre ? Dans un espace construit comme un plateau de cinéma avec des projecteurs à vue, une troupe de comédiennes âgées de 30 à 70 ans donne vie à ces grandes oubliées. L’horreur de leurs histoires se dévoile, leur désir de vivre et de résister à l’inhumain aussi.